« Je et nous » : Comment apprendre aux tout-petits à vivre ensemble ?

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« Je et nous » : Comment apprendre aux tout-petits à vivre ensemble ?

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« On dort Les uns contre les autres
On vit les uns avec les autres,
On se caresse, on se cajole,
On se comprend, on se console,
Mais au bout du compte
On se rend compte
Qu’on est toujours tout seul au monde. »
Les uns contre les autres
(Paroles de Luc Plamondon, musique de Michel Berger, interprété par Fabienne Thibault, 1978)

Vivre ensemble

Nous avons tous vécu ces derniers mois les chroniques extraordinaires d’une pandémie. Le monde entier s’est arrêté, le temps s’est suspendu. Nous avons tous souffert, chacun à notre mesure. Certains sont morts, d’autres nous ont sauvés, certains ont été applaudis, d’autres maltraités. Nous avons été éloignés de nos proches, de nos vies d’avant, confinés, déconfinés, masqués, testés. Nous avons essayé de cohabiter, ensemble, les uns avec les autres, mais souvent isolés. Et puis la vie a repris, timidement, son cours. Mais quelle vie ? Sous surveillance ? En sursis ? Réinventée ? Comment les enfants du Covid-19 ont-ils vécu cette période inouïe ? Qu’avons-nous appris ? Qu’allons-nous apprendre à nos enfants ? L’humanité de demain sera-t-elle poétique et passionnée ou prosaïque et utilitaire ? Y verrons-nous le qualitatif, sensible, gouverner aux outrances du quantitatif, injuste ? Y réinventerons-nous la tempérance, la vie frugale ou cèderons-nous aux excès de la consommation ? La solidarité triomphera-t-elle du règne exclusif du profit, la pacification de la violence, l’écologie des dévastations techniques et industrielles ? Qui nous dira ce que sera l’humanité de demain ? Et dans quelle société nos enfants vivront ? Nous sommes nombreux à penser qu’il est urgent de développer, dès la petite enfance, de crèche en maternelle, la compréhension de soi et d’autrui, le respect de la différence et, au quotidien, une fraternité en actes. Ces journées, qui souhaitent croiser philosophie, psychologie, histoire, économie et anthropologie, appellent à une réforme de la pensée et de l’être pour promouvoir un nouvel art de vivre-ensemble. Le premier de tous les arts n’est-il pas l’art de vivre ? Comment enseigner cet art aux enfants petits, pour qu’ils ne restent pas des « analphabètes » de la relation et de la vie collective ? Pas de vivre-ensemble sans diversité, sans altérité : qu’il s’agisse des origines, des croyances, de l’éducation, des professions, des revenus, des modes de vie… Comment apprendre aux enfants à faire société, à construire une société inclusive, capable d’accueillir la différence sans la stigmatiser ou chercher à l’effacer ? Pas de vivre-ensemble sans éveil à la culture, sans envie d’apprendre, de découvrir, de créer, ans jeu, sans autonomie. Pour se construire, s’épanouir et s’ouvrir au monde, les enfants ont besoin de développer leurs sens, leur imagination et leur créativité. Comment aider les enfants à grandir en confiance et dans la joie ? Pas de vivre-ensemble sans socialisation, sans règles sociales, sans respect, sans politesse, sans attention et bienveillance. Comment transmet-on ces qualités ? Faut-il laisser les enfants se débrouiller seuls ou entre eux ? Ou faut-il intervenir résolument auprès d’eux ? Si la famille est le laboratoire naturel de la socialisation, les enfants ne se construisent pas seulement au contact des adultes qui veillent sur eux, mais aussi lorsqu’ils sont entre eux, dans leur fratrie, à la crèche, dans la cour de récréation. C’est aussi dans tous ces lieux de rencontres qu’ils développent des compétences sociales et émotionnelles et qu’ils s’approprient quelques-unes des normes et valeurs fortes de notre société. Aller vers l’autre, le reconnaître, l’accepter, échanger, collaborer, donner, partager, représente toujours un risque : comment le transformer en atout ? Comment construire, aujourd’hui, des lendemains plus sereins, pour tous les enfants du monde et faire de leur vie un commun de paix, de bonheur et d’allégresse ?

Patrick Ben Soussan