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en partenariat avec la Médiathèque de Ramonville Saint-Agne, le Conseil Général de la Haute-Garonne, la Région Midi-Pyrénées, l'Association Regards, Le Journal des Professionnels de l'Enfance et TPMA
Les bébés sont censés apporter à leurs parents et à tous ceux qui les approchent bonheur et jouissance. Ils éveillent aussi des affects archaïques et violents, parfois désarmants, voire terrifiants, pour qui les éprouve. Eh oui, parfois, les bébés nous font du mal ! Les nôtres, que nous côtoyons au quotidien ; ceux des autres, que nous accueillons, soignons, éduquons ; mais aussi ce bébé-là, que nous portons tous en nous, qui sommeille ou nous éveille, à ses heures, qui nous dicte ses vues, et qui parfois, à notre insu, nous rappelle notre détresse primordiale, héritée du temps où nous étions bébé, petit, tout petit. Tous ces bébés avec qui nous avons du mal à vivre, à faire, à penser, à aimer, peupleront ces journées de SPIRALE.
Retrouvez ci-dessous les courriers que des particpants nous ont fait parvenir à l'issue de ces deux journées des 27 et 28 mars 2008.
Lettres des participants :
"Cher Spirale, Hier j'ai rempli le questionnaire que vous m'aviez remis lors de notre rencontre. Mais aujourd'hui, je ne peux en rester là après ces deux journées passées ensemble si intenses intellectuellement, émotionnellement et psychiquement. Votre sujet du "Bébé qui nous fait mal" m'a fait un bien fou. Rien ne vaut une cure de mots pour apaiser les maux : jetez vos maudits calmants pour soigner par mots dit calmants. Après ce breuvage, cette nourriture intense, je me sens rassasiée, satisfaite comme après une tétée royale (merci Madame Prieur). (...) Voilà les mots et les idées qui reviennent à moi. Je les rumine, ils vont et viennent sans cesse. Les va-et-vient incessants intéresseraient Monsieur Freud, n'est-ce pas ? En tout cas, cette après jouissance me pro-cure (post-cure) un bien-être extrême. (...) Merci pour ce portage, les mélodies de Monsieur Bouteloup, les interventions drôles et surprenantes de vos amis clowns, vos belles histoires qui éveillent la petite fille qui dort en moi et se révèle. L'humour de Monsieur Rufo, éternel ado (duffel-coat oblige), qui nous renvoie à la critique parentale en remettant en question l'enfant désiré que nous sommes. (...) Me voilà donc, après ces deux jours d'écoute (extérieure) intense à écouter ma petite voix (intérieure) qui me pousse à cette déclaration avant que "je ne coupe le son" (...) tel Monsieur Vigneaux avouant cet acte involontaire de sa part mais si surprenant alors qu'il évoquait le devoir de "couper le lien d'avec nos parents de quand on était petit". Voilà ! Je suis prête à rompre le lien qui m'a permis de vous rencontrer, Mon cher Spirale, et d'en garder en moi un souvenir merveilleux. (...) Merci à vous tous d'avoir su si bien nous chanter les mots." {Martine Poutou}
"Bonsoir, j'étais présent pour écouter votre brillante conférence du 27 mars à Ramonville. C'est vers 15 heures que vous vous êtes indigné en constatant amèrement que la salle des fêtes était exclusivement ou presque constituée d'une assemblée féminine ! Nous étions peut-être, effectivement 10 hommes. Moi aussi, cela m'attriste. Mais que faudrait-il faire ? Baisser les bras ? Je ne crois pas que ce serait la solution. Je suis moi-même éducateur de jeunes enfants. En tant qu'homme, j'ai la chance de travailler dans une crèche auprès des bébés (3 mois-16 mois). Vous voulez que je vous dise : c'est formidable ! Même si ce n'est pas facile tous les jours. Et franchement, pour le moment, je ne me vois pas faire autre chose (un autre métier). Tout de même, je voudrais vous poser une ou deux questions : voilà plus de 10 ans que les éditions érès parlent, à travers vous, magnifiquement, du monde des tout-petits. Comment expliquez-vous le manque de vocation masculine dans les métiers de la petite enfance et comment durer en tant qu'homme dans ce milieu professionnel tellement féminisée. Merci de votre réponse car je regrette de ne pas vous avoir rencontré." {Joel ALEXIS}
"Bonjour, J’ai assisté à la matinée « Quand les livres relient » à Ramonville le 27 mars dernier et je souhaitais faire quelques commentaires au sujet du thème abordé et du contenu des interventions. Tout d’abord, précision importante, à aucun moment je ne me suis ennuyée, mais je trouve que les intervenants n’ont fait qu’effleurer le sujet sans l’approfondir ni le développer vraiment. J’en ai retenu que oui les livres sont bons pour les enfants parce qu’ils créent du lien, peu importent le fond et la forme du livre. J’en ai également retenu que non les livres ne peuvent pas faire de mal aux enfants, comme aucun objet culturel d’ailleurs, selon C. Bruel. Toutefois, il a fallu que la question lui soit posée au terme de son intervention puisque M. Bruel a fait le choix de faire un show hyper provocateur au terme duquel on ne savait plus que penser des bienfaits de certains albums de jeunesse… Quant à M. Ben Soussan, il est resté très discret, trop à mon goût. La pertinence, la justesse et l’humour dont il sait faire preuve ont largement manqué à ce débat. Vient l’idée dont je souhaitais vous faire part : nous sommes bien évidemment en accord sur le fait que la littérature enfantine est bénéfique au développement de l’enfant dans bien des domaines, notamment dans le lien qu’elle permet d’établir avec le lecteur (parent ou autre) ; mais j’introduirais une nuance. Je pense que la littérature enfantine peut avoir, tout comme l’enfant, une face obscure et faire mal aux enfants. Je m’explique. Il a été évoqué que le choix des livres était sans importance puisque finalement il n’était qu’un prétexte au lien. Or, pour avoir étudié brièvement la littérature enfantine au cours de mes études, j’ai quand même découvert des statistiques affolantes (datant d’il y a une dizaine d’années environ) selon lesquelles il existait 9 héros pour 1 héroïne… Et c’est sans compter que les situations héroïques variaient considérablement en fonction du sexe du héros. La notion d’héroïsme féminin en devient tout relative ! Qu’en est-il alors de ce que l’on transmet aux enfants ? Comment une fille construit-elle son estime de soi si l’on n’est pas vigilant à introduire un certain équilibre dans le choix des livres proposés ? En tant que parents, en tant que professionnels de la petite enfance, nous transmettons au quotidien des valeurs à notre insu, parfois éloignées de celles que l’on souhaiterait véritablement transmettre aux enfants, et ce notamment par le biais de la littérature enfantine qui occupe de plus en plus de place dans le monde de la petite enfance. Ce qui explique peut-être que, dans le monde de la petite enfance constitué essentiellement de femmes, l’auditoire était quasi-exclusivement féminin, alors que sur le devant de la scène ne se trouvaient pas moins de 3 hommes sur 3 intervenants… Force est de constater d’ailleurs que les hommes sont de bien meilleurs orateurs que les femmes. Est-ce que ces dernières se conforment à ce que la société attend d’elles depuis toujours, c’est-à-dire être mais être toujours moins que l’homme ? A moins que ce ne soit inscrit dans nos gènes ? Le débat reste ouvert… Il s’agit là d’un aspect de la littérature enfantine dont j’avais connaissance, il aurait été fort instructif que j’en découvre de nouveaux !" {Stéphanie MAILLARD}
"Bonjour, Ayant égaré ma feuille en fin de session, je n’ai pu vous faire part de mon ressenti. Je profite d’un temps de pause pour prendre le clavier. Je suis éducatrice de jeunes enfants et dirige un multi-accueil en intercommunalité en milieu rural. Avec une collègue, j’ai participé aux journées Spirale « Ces bébés qui nous font mal ». Nous avons réorganisé le planning de l’équipe de façon à ne pas perturber les enfants mais aussi à ne pas laisser une trop grande charge pour nos collègues. J’étais ravie de cette opportunité de rencontres, d’écoute et d’échanges après un an de montage de projet et de mise en place de la structure, seule, le nez dans le guidon ! Je reste ravie d’avoir participé à ces journées mais avec quelques bémols tout de même. Nous étions extrêmement nombreux à répondre à l’appel, preuve de la nécessité de ce type de « formation ». La logistique était donc très lourde, bravo pour avoir réussi ! Fallait pas être trop gros fumeur ou buveur de café, le chemin était long pour atteindre le fond de salle au moment des pauses ! Bien sûr, les formateurs maîtrisaient leurs sujets d’autant mieux qu’ils l’avaient écrit en amont. Quel dommage que la plupart, sauf les ténors du milieu, se soient contentés de lire leurs textes que nous avions de toute façon en vente directe durant les pauses ! Il est bien difficile de rester concentré sur un écrit-lu, de manière monotone. Le professionnel, si pointu soit-il dans sa compétence, n’est pas toujours doublé d’un comédien-metteur en scène, encore dommage. Ils auraient pu partir de leurs écrits mais très vite les étayer d’exemples, et provoquer l’échange avec la salle. Les intervenants : nombreux ils étaient, donc peu de temps pour chacun ; leur passage avait été minuté. Et voilà que quelques petits dérapages logistiques plus tard, les animateurs des demi-journées et leurs présidents se voient dans l’obligation de nous annoncer l’impossibilité de débattre sur ce que nous venions d’entendre avec beaucoup d’attention ! Dommage ! Malgré tout, c’est une expérience à renouveler, peut-être avec moins de public, moins d’intervenants mais plus souvent ! De telle façon que ces rencontres soient également des formations, des outils pour continuer sur nos différentes structures. C’est important pour nous, professionnels de terrain, merci d’être en lien avec nous. Merci d’avoir pris le temps de me lire et j’espère à très bientôt sur de nouvelles journées" {Anne Lebrun}
"Bonjour, J'avais rempli votre questionnaire de fin de stage avec mes impressions "à chaud" comme demandé, mais je ne l'ai pas laissé car j'avais besoin de rajouter quelques mots eux aussi "à chaud", vous les trouverez ci-dessous. Tout d'abord une fois de plus bravo pour ces journées si fortes en émotions, en apports et en qualités. J'ai tout de même deux remarques à faire. La première concerne l'intervention sur l'allaitement et ce qui va suivre ne surprendra pas Régine Prieur puisque je suis sage-femme-puéricultrice de terrain depuis 21 ans et que Régine a travaillé 10 ans dans la même petite maternité que moi ! Quand j'ai vu le titre du sujet, je me doutais de la façon dont Régine allait le traiter et j'avoue que je n'ai pas été déçue ! Par contre, il me semble que ce sujet aurait vraiment dû être abordé car il est très important à mes yeux. Tout d'abord il y avait dans la salle des sages-femmes certes très au fait de ces choses-là mais aussi des étudiantes sages-femmes qui voient l'allaitement dans les maternités de 3000 accouchements avec des sorties précoces à J3, des professionnels d'horizons divers et je suppose des non-professionnels, je pense que même avec humour on pouvait parler des choses suivantes : - dire que le projet d'allaiter est le CHOIX d'une femme ET d'un COUPLE avec ce que ça sous-entend d'histoire personnelle pour les deux et pour leur couple, dire que si un intervenant extérieur induit le projet d'allaitement avec des arguments suffisamment culpabilisants pour la femme ou le couple (a fortiori si c'est un professionnel !), il y aura des difficultés, voire des souffrances ; - dire qu'allaiter un enfant avec qui on fait tout juste connaissance et qui sans doute ne correspond pas à l'enfant "idéal" peut entraîner des difficultés à établir un lien, une relation avec celui-ci et avoir des répercussions sur l'allaitement, et donc induire des douleurs psychiques autant que physiques ; - dire la détresse de toute femme devant un enfant qui "ne sait pas téter", qui "ne veut pas téter" et qui bien souvent met cela sur le compte de son "incompétence" ; - parler de la place du père dans ce moment si particulier, lui qui se sent souvent mal à l'aise dans ces maternités presque exclusivement féminines, peut en plus se sentir très exclu de ce moment, voire en être jaloux à entraîner un arrêt d'allaitement (je l'ai vu !) ; - dire que les femmes et les couples ont besoin d'être soutenus dans cet apprentissage de l'allaitement, écoutés, regardés, mais laissés libres de leurs choix : il y a des femmes qui ont souffert de continuer un allaitement le temps de la maternité à force de culpabilité (et qui ont tout stoppé dès le retour à la maison !) et d'autres qui ont souffert d'avoir dû arrêter un allaitement... Ca invite le soignant à beaucoup d'humilité, de compréhension, de réflexion, et à se dire une fois de plus qu'on ne peut pas tout, qu'on ne doit pas tout, qu'il faut laisser une place aux parents, parce que allaiter doit avant tout être un plaisir pour l'enfant, la mère et le père ; - dire que "rien n'est jamais tout beau", que de petits soucis corporels peuvent intervenir (problèmes de mamelons, crevasses, engorgements...) et que si l'on est suffisamment avertie on peut les prévenir et les éviter, cela évitera bien des inquiétudes aux mamans qui, bien sûr, auront tendance à mettre cela sur le compte de leur incompétence là encore, alors que je pense que c'est de notre devoir de les informer, il suffit d'y mettre la manière pour ne pas les affoler ! Si, si, ça marche ! - comment ne pas parler des retours de plus en plus précoces, avant la montée de lait ou au milieu et du "vide" qu'il y a à ce moment-là : souvent pas de famille, la PMI qui passe au bout de deux mois ! Et si par bonheur il y a une sage-femme libérale, encore faut-il prendre rendez-vous ! "Il faut continuer à allaiter toute la journée, comme bébé le souhaite...", moi je pense qu'il faut aussi "creuser" la raison de la visite, car peut-être que cette dépendance totale à l'enfant (et Madame Prat en a bien parlé) dérange finalement la femme, le père, le couple..., et puis les femmes ont le droit d'être fatiguées, d'aller chez le coiffeur toutes seules, et alors là, faire donner un biberon de son lait par le père quelle horreur ! Plutôt à la tasse ! Mais laissons-les libres ! J'enchaînerai donc facilement sur "'affreuse sucette" en parlant des mamans d'origine maghrébine qui accouchaient à la maternité : les trois premiers jours, elles mettaient bien sûr l'enfant au sein mais ils avaient quasiment tous ensuite un complément de biberon (demandé par les mères) et une sucette ! Dès la montée de lait établie comme par miracle ces bébés prendront ensuite le sein sans problème pendant des mois, voire des années ! ... Un dernier mot pour dire que certaines femmes ont parfois voulu avant la naissance allaiter et qu'ensuite elles se sont rendu compte qu'en fait cela ne leur convenait pas (pour de multiples raisons), laissons-les là aussi libres de leur choix sans les juger. PS: afin qu'il n'y ai pas d'ambiguïté ! Je préciserai que j'ai deux enfants et que je les ai allaités tous les deux ! ! La deuxième remarque concerne l'intervention de Madame Patricia Denat, assistante maternelle. J'ai trouvé son témoignage très émouvant et "courageux" au milieu de "pointures" comme Messieurs Ben Soussan et Rufo pour ne citer qu'eux ! Elle nous a parlé de son travail quotidien auprès des enfants avec des mots simples mais professionnels, et à travers elle il semble qu'enfin soit fini le temps de la "nounou" : elles sont enfin reconnues en tant que professionnelles et surtout elles se reconnaissent enfin comme des professionnelles. La formation à ce titre est très importante et espérons qu'elles pourront bénéficier également plus facilement de la formation continue car elles sont encores très isolées dans leur pratique et il faudra beaucoup plus de RAM pour les aider. Je terminerai en faisant le rêve qu'un jour tous les lieux d'accueil de la naissance et de la petite enfance soient plus reliés entre eux, inter-actifs, car la pluridisciplinarité apporte tellement de belles choses ! Encore une fois merci pour ces journées de très haute qualité." {Cathy Dabot}
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