Programme

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Journée professionnelle :
Parents débordés cherchent
professionnels sécurisants pour
bébés tyranniques

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Journée gratuite
(inscription obligatoire)  :
Les besoins fondamentaux des tout-petits

(organisée par le collectif Petite Enfance R.E.A.L.I.S.E)

 

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Vendredi 29 septembre 2017
Journée professionnelle
Parents débordés cherchent professionnels sécurisants pour bébés tyranniques


MATIN – accueil dès 8h

Des parents débordés et inquiétés ?

 « Quant aux enfants, ils doivent être enseignés à n’avoir aucun devoir vis-à-vis de leurs parents que celui de les assister dans leur vieillesse impuissante comme les parents assistent leurs enfants dans leur jeunesse impuissante. » Françoise Dolto, La cause des enfants (1985)

9h – Ouverture en musique de la 8e Journée Spirale
Banda d’un jour et discours d’entrée par Marie-Françoise Dubois-Sacrispeyre (directrice des éditions érès) et Patrick Ben Soussan

9h15 – L’introït de Claire Mestre

9h20 –  » Qu’avez-vous à dire pour la défense de la mère occidentale, coupable, ambivalente et préoccupée ? » avec Patrick Ben Soussan

10h –  » De mère à père… de parents à servants… »
avec Chantal Zaouche Gaudron

10h40 – 11h10 La Pause enchantée, musique et dédicaces

Des professionnels bienveillants et sécurisants ?


11h10
– Un soignant soigné soigne son soin
avec Virginie Im

11h50 – « Être professionnel(le) aujourd’hui : quel sens ? »
avec Suzon Bosse-Platière

12h30 – Déjeuner libre


Vendredi 29 septembre 2017

APRÈS-MIDI

Des bébés colériques et tyranniques ?

« C’est le devoir des parents et des enseignants de faire en sorte que les enfants ne rencontrent jamais une autorité si faible qu’ils deviennent fous ou qu’ils soient forcés, par peur, de prendre les choses en main eux-mêmes. Une incarnation de l’autorité fondée sur l’angoisse devient de la dictature et ceux qui ont fait l’expérience de laisser des enfants contrôler leur propre destinée savent qu’un adulte calme est moins cruel que le dictateur en lequel l’enfant se transforme rapidement quand il a trop de responsabilités. »
D. W. Winnicott, « L’agressivité » (1939), dans L’enfant et le monde extérieur, Paris, Payot, 1982.

14h – Ouverture musicale

14h10L’introït avec Dominique Rateau

14h20 – « Qu’est-ce que la psychanalyse nous apprend de ces bébés qui nous exaspèrent ? » avec Bernard Golse

15h – « La démocratie familiale : un sacré chantier ! » avec Sylvain Missonnier

15h40-16h10La Pause enchantée, musique et dédicaces

16h10 – «Parents débordés et inquiétés cherchent professionnels bienveillants et sécurisants pour bébés colériques et tyranniques. Quels moyens pour accompagner et soutenir, le développement de chaque enfant, le métier de parent et l’activité des professionnels ? » avec Sylviane Giampino et Marcel Rufo

17h Fin de la 8e Journée Spirale (en musique !)

 

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Samedi 30 septembre 2017
Journée gratuite ouverte à tous
(inscription obligatoire)
Les besoins fondamentaux des tout-petits… et de ceux qui les élèvent, les accueillent
ou les prennent en charge

Organisée par le collectif Petite Enfance R.E.A.L.I.S.E
(Recherche Ethique Arts Liens Innovation Social Enfant)

MATIN

Tout au long de la journée, nous accompagneront les musiciens du duo Abracadabra Musiques : Philippe Bouteloup et Luciana Jatuff-Fouche. Leur dernier disque, Ti-Train, a reçu le coup de coeur jeunes publics de l’Académie Charles Cros en 2016.

9h30 – CONFÉRENCE 1 : « Vous dites  c’est épuisant de s’occuper des enfants. » Vous avez raison » (Janusz Kroczack, Quand je deviendrai petit) par Patrick Ben Soussan

11h-12 – CONFÉRENCE 2 : « Les livres et la culture des bébés » par Dominique Rateau

12h – 14hDéjeuner libre

APRÈS-MIDI

14h – 15h – CONFÉRENCE 3 : « Accueillir un bébé… et sa famille » par Sylviane Giampino

15h30 – 16h30 – CONFÉRENCE 4 : « Petit bébé deviendra grand si…. » par Marcel Rufo

Edito

Patrick Ben SoussanPatrick Ben Soussan, pédopsychiatre, responsable du département de psychologie clinique, institut Paoli-Calmettes (Marseille), directeur du Collège de la revue Spirale et de la collection « 1001 BB » aux éditions Erès.

« Trois p’tits chats, trois p’tits chats, trois p’tits chats, chats, chats… »
Vous connaissez tous cette chanson en laisse enfantine. Qui ne l’a chantée, réinventée, jouée, de ses mains ou ses pieds ?
Imaginez que pour cette journée Spirale, ces trois petits chats, chapeau de paille, paillasson, somnambule, se transforment en parents, professionnels de la petite enfance et bébés… Tintamarre, tintamarre, tintamarre, -marre, -marre. Qui de ce tiercé si commun aujourd’hui sera le garde fou, fou, fou, le fou de rage, rage, rage, le marabout, marabout, marabout, bout, bout ?
Entendez-vous la chansonnette et ses improbables enchaînements si logiques dans leur forme et si absurdes dans leur sens ? Parions que nous trouverons, déclinées dans leur version papa-maman-accueillant-soignant et moi (Moi, moi moi, le bébé !) autant de rimes logiques et absurdes.
Commençons.
Les parents d’aujourd’hui sont dit-on débordés, vidés : le travail, l’éducation des enfants, la vie perso, familiale, de couple, sociale à concilier, ça épuise ! Comment se sauver de ce quotidien parental, sans y laisser (trop de) sa peau ? D’autres ont « tout essayé » et trouvé de subtils moyens – en existe-t-il ? – pour ne pas sortir de leurs gonds et rester zen en toute occasion : nouveaux experts en négociation, ils entonnent l’hymne de la mère tigre et du père fouettard, positivent à tout va et s’assurent de tout toujours contrôler des ardeurs de leurs petites rejetons… et de leurs propres élans. À l’impossible, les parents sont-ils tenus ? Je te tiens, tu me tiens par la barbichette, semble entonner à chaque jour ladite parentalité, à force de pratiques de soutien ou d’accompagnement, de disqualification et d’évaluation. Toute parentalité est à risques, certes, mais est-ce vraiment un risque d’être parent ? Et pour qui ?
Du coup, tous ces professionnels de l’accueil, de la culture, du soin, qui sont là pour accueillir, cultiver et soigner les bébés, seraient-ils en fait les inédits préventeurs santé-sécurité-environnement de nos modernes parentalités ? N’exercent-ils pas eux aussi des métiers impossibles ? À risques ? Dis, c’est encore loin le bien-être des professionnels de la petite enfance ? C’est pour quand la valorisation sociétale de ces jobs, la reconnaissance salariale, la professionnalisation aussi ? Pour que les professionnels soient bienveillants et sécurisants, ne faudrait-il pas copieusement les bien-traiter ?
Quant aux bébés, partenaires incongrus de ce triumvirat improbable, quelle subtile partition viennent-ils jouer là ? De quoi ont-ils donc besoin, fondamentalement, pour être ? À cette question, Anaxagore, le premier des philosophes athéniens, aurait pu répondre : « Pour observer le soleil, la lune et les étoiles. » Éduquons-nous les bébés d’aujourd’hui à la saveur astronomique ? Qui sont donc ces tout petits invités de la vie, des hôtes de marque ou des étrangers indésirables, des victimes ou des ennemis, des persécuteurs ou des révélations, un danger ou une joie ? C’est qu’on dit par ici et par là que les bébés, par essence démunis et vulnérables, ont viré en de violents et colériques tyrans domestiques, sans lois ni interdits, sans empathie ni culpabilité. On assure même qu’ils gouvernent leurs parents et mènent la vie dure aux professionnels qui les prennent en charge. Vraiment ? Vous y croyez, vous, à ces fadaises ? Vous les pensez comment les tout-petits de 2017 ? Ah oui ! Vous préférez donner votre langue au chat ?
« Trois p’tits chats, trois p’tits chats, trois p’tits chats, chats, chats… »
Allez, gageons qu’au terme de cette journée d’échanges et de rencontres, nous aurons, ensemble, réinventé cette chanson enfantine. « Platonique, platonique, platonique,
-nique, -nique, … »